Pierre Amandier, l’homme qui parle avec ses cordes

Le Shibari ou l’art d’attacher pour le plaisir

Je pense que vous connaissez maintenant mon goût profond pour la contrainte. Il était donc évident que mes pas me mènent vers cet art ancestral et vers Pierre Amandier, encordeur reconnu par ses pairs.

Pierre a commencé à attacher il y a douze ans, et lors de son parcours il a eu l’occasion de rencontrer il y a huit ans Riccardo Wildties, qui lui donnera le goût, le formera, puis l’entrainera dans la passion des cordes. Pierre s’inspire du style de Naka Akira, connu pour son type de jeu particulier qui est à la fois habile, beau et incisif . Plus esthétique et sensuel, qu’érotique…

Cette discipline, très codifiée, prend sa source dans les techniques de tortures samouraï japonaises. Bon, dit comme ça, je comprends que cela ne fasse pas rêver tout le monde, mais ouvrez vos chakras…et suivez-moi…

Longtemps prisée par les amateurs de domination et soumission, aujourd’hui nous sommes loin de l’univers des clubs sado-maso. De nombreuses structures encadrent cette pratique et apprennent aux modèles et à leurs encordeurs les bases, la sécurité, et comment se faire plaisir en respectant les attentes de chacun. Le respect et l’écoute de son/sa partenaire sont les piliers pour pratiquer.

J’y ai gouté, je ne peux plus m’en détacher

J’ai découvert le Kinbaku ( attacher quelqu’un de manière serrée avec intention) il y a un an, au sol, et j’y ai pris goût immédiatement : la caresse des cordes sur ma peau, leurs morsures jusqu’à me laisser leurs empreintes, la sensualité des gestes du rigger ( attacheur), cette réelle communion entre lui, moi et l’ichinawa ( la corde) et cette sensation de liberté… Tout était réuni pour que je poursuive ma découverte de cet art et, surtout, je rêvais d’être suspendue…

J’ai rencontré Pierre lors d’une soirée et depuis il m’a attachée trois fois déjà.

Qu’est-ce que je ressens au juste?

C’est la question que nombreux me posent : « mais qu’est-ce que cela te fait? »

Alors voici mes mots posés sur mes sensations mais qui ne vont sans doute pas transcrire fidèlement la chronologie de la session.

Je me tiens à genoux, cuisses serrées, fesses sur les talons, qui est la position traditionnelle au Japon (seiza). Il est derrière moi. Je sens ses pensées tourner à vive allure, il est concentré, il réfléchit à la façon dont il va me façonner, me transformer en objet d’art éphémère…Il a une idée mais je sais qu’il va également se laisser guider par ses envies, sa créativité, une inspiration…

Il ne me touche pas. Pas encore. D’un coup la prise de contact, ses genoux bloquent mes jambes, ses mains sur mes épaules, puis il s’empare de mes bras, attrape mes mains pour les lier. Ses gestes sont doux et fermes à la fois.

Il tire fort mes cheveux, ma tête part vers l’arrière, au creux de son épaule, dévoilant ma gorge, alors que sa main contrôle ma respiration. Il a cassé mon seiza. Je suis à la fois attentive à ses gestes et curieusement alanguie. J’aime cette manipulation de mon corps et ce premier contact de la corde qui s’enroule, telle une liane.

Mes bras sont ramenés dans mon dos. Il s’active… Je me retrouve contrainte, les seins offerts telle une poupée docile. Je ne peux plus rien toucher, je suis à sa merci, en totale confiance. Son souffle chaud contre ma peau, il me fait mettre debout.

Les liens se resserrent, parcourt mon corps, mordent ma peau avec délice. Ma taille est enlacée, les cordes glissent, entravent mes cuisses, enserrent mon sexe. Elles s’inscrivent férocement dans ma chair. Il prend son temps, il est concentré. Ses doigts experts ajustent les cordes de temps en temps. Je suis sa seule priorité, son entière responsabilité…

Ma cuisse est entourée, ma cheville capturée, je perçois la chaleur de ses mains. Les cordes ne sont plus oppressantes mais enveloppantes, tel du lierre. Et hop, traction… je m’envole…

J’adore…Mon corps ploie, guidé, emprisonné, comme en apesanteur. Ce dont j’ai toujours rêvé se réalise : je ne touche plus le sol, j’ai la tête en bas, je flotte dans les airs telle une danseuse désarticulée, un pantin dont les fils sont emmêlés, dans une chorégraphie sensuelle. Le temps s’est arrêté, je suis légère, intemporelle, je me sens belle.

La musique me berce, je reconnais Massive Attack. Je suis dans un état de plénitude. Entravée mais libérée…Mes endorphines sont lâchées…

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Je me balance mollement, je sens son regard, puis ses mains qui me caressent. Il me demande si ça va, il s’assure que j’arrive à bouger mes pouces afin de vérifier que le nerf radial n’est pas comprimé.

Mais il est temps d’arrêter de planer, mon corps me le dit. A regret je sens les cordes me laisser m’échapper. Elles m’abandonnent l’une après l’autre. Je retrouve la terre ferme. Les cordes gisent au sol telles des couleuvres…

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Le temps est venu de l’aftercare : il m’enlace, me caresse, c’est bon…Mon esprit redescend tranquillement. Le sang reprend son chemin mais ma peau conserve les marques, et mon corps et mon esprit la forte envie de recommencer.

Merci Pierre pour ce voyage…Au sol ou suspendue, je me sens belle et impudique entre tes cordes…

N’hésitez pas à le contacter via Facebook si vous voulez planer avec lui https://m.facebook.com/pierre.amandier

Et merci à Toi pour ces jolies photos. Vivre ces instants sous ton regard les rend encore plus magiques…

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par Anders Noren.

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