Offerte contre un réverbère by Charles_DS

C’est de nouveau Charles qui nous offre, avec beaucoup de délicatesse, cette petite pépite. Un récit très excitant et si bien écrit qu’il me donne des envies et des idées…Je vous embrasse Charles.

Vingt trois heures. Le carillon sonne au loin, indiquant l’heure du départ. Un regard et vous vous levez lentement. Je vous observe vous mouvoir jusqu’à la porte puis vous arrêter, à m’attendre. Prête pour le grand soir.


Vous vous êtes rigoureusement apprêtée ; je remarque que mes consignes ont été suivies à la lettre, ce qui me laisse augurer du degré de motivation qui vous anime en vue pour cette soirée spéciale. Je me réjouis, même si un soupçon d’inquiétude me traverse rapidement l’esprit. Mais non, mais non, tout se passera bien…


En vous contemplant ainsi, docile et silencieuse devant la porte d’entrée, perchée sur de vertigineux talons, me viennent à l’esprit de fugaces souvenirs de ces moments passés ensemble depuis notre première rencontre. Des flashs, des instantanés de vie, des marqueurs de notre bonheur et de notre complicité : une expo photo qui tourne court, mon premier contact avec vos lèvres, une salade thaï qui vous ravit, la douleur de votre cravache, la douceur de nos regards, la jouissance dans vos yeux, une larme au coin de l’oeil, une séance photo qui tourne bien, notre première nuit ensemble… Oui mais : ce soir, point de sentiment, point d’indulgence, point de compassion, et surtout, point de retour possible… 

Nous sortons, vous à trois pas derrière moi. Je vous ouvre la porte de la voiture, vous vous y installez, je démarre. Je règle le rétroviseur ; le délicat ruban rouge vif maintenant le masque de fines dentelles noires qui recouvre vos yeux renvoie à vos pulpeuses et vermillonnes lèvres et font écho aux dessous en cuir que je vous ai imposés. Tête baissée, silencieuse, humble, si touchante, vous semblez presque recueillie à l’orée d’une étape cruciale dans les joyeux méandres de votre vie de libertine éclairée. Quels ressorts mentaux, psychologiques, physiques, émotionnels ont-ils abouti à l’acceptation de cette démarche ? 


Je gare la voiture, vous fais sortir et vous prends le bras pour vous guider. Les règles sont simples, connues et acceptées réciproquement. La lumière blafarde que diffuse le réverbère au dessus de votre flamboyante chevelure intensifie l’ambiance glauque du bois de Boulogne en cette heure tardive. Une légère brise fait dresser fièrement vos tétons comme une invitation au voyage et couvre votre corps trop dénué d’une chair de poule appétissante. Le balai incessant des phares des voyeurs habille régulièrement votre silhouette lascive de stries colorées ; j’attends le moment. 
Je sens, une fois l’excitation passée, un sournois sentiment de pressentiment vous gagner ; la pose est moins sûre, le regard moins affirmé, l’appréhension vous gagne. Malgré la fraicheur automnale, de fines gouttelettes de sueur perlent derrière votre nuque déjà moite, traduisant une fébrilité bien compréhensible et de surcroît de bon aloi… Néanmoins, à la faveur d’un signe de défi que je perçois dans votre port de tête, je décide de patienter.


L’homme qui vient de se garer avance nonchalamment vers nous : vingt-cinq ans environ, un fin et agréable visage métissé d’Afrique et d’Asie, un corps élancé et joliment musclé, il arbore un maillot de l’équipe des Spurs et un baggy lui tombe au raz les fesses. Il fixe sur moi des yeux d’un vert tranchant, puis un léger sourire vient faire épanouir deux discrètes fossettes, adoucissant son regard. 

  • « Combien?
  • « Deux cent »
  • « Trop cher »
  • « Cent cinquante? »
  • « Top là »


Les billets glissent. Une main empoigne violemment vos cheveux et vous tire vers le sol, votre visage s’écrase sur le baggy du client. Il a ôté son T-shirt ; une enivrante odeur de musc, de poivre et d’épices envahit vos narines, mais tout va désormais très vite. Il sort, dressée comme un étendard, une queue courte mais très épaisse, ornées d’imposantes testicules lisses et ambrées, l’enfonce d’une traite au fond de votre gorge et démarre un va-et-vient vous donnant à peine le temps de prendre votre respiration. A genoux, les jambes écartées, les yeux bandés, les poignées liées dans le dos, j’observe avec attention vos réactions ; vous me semblez avoir plongé avec motivation – pour le moment – dans ce petit jeu, vous abandonnant avec courage et ferveur dans cette épreuve nouvelle pour vous. Votre gorge engloutit désormais la totalité de la queue du métis ; je presse votre nuque, votre visage commence à rougir, comme celui de votre cul quand il reçoit mes coups de cravache ; je relâche enfin, et laisse de nouveau notre homme aux fossettes exploiter avec appétit votre bouche gourmande.


Le Rimmel forme désormais de sombres et minuscules rigoles dévalant les pentes de vos joues gonflées par les assauts répétés de votre premier client, pour venir mollement s’écraser sur vos bas en résille blanche. Vos traits se tirent, la douleur combat la jouissance, je sens que vous fatiguez. Je vérifie le niveau de votre excitation, et constatant un épanchement manifeste de votre plaisir, je fais signe à notre ami.


L’homme aux fossettes est athlétique, vigoureux, endurant, d’une sensualité assez relative. Dans une délicieuse et cérébrale jouissance, je vous étudie, pantin désarticulé empalé sur votre partenaire, les bras tremblant, comme dans une transe, la tête ballottée au gré des coups de butoir du métis, les lèvres saignant de plaisir, les gémissements trahissant de vivaces émotions, vous laisser emporter par un plaisir aussi intense que non contrôlé. Vous vous faites sauvagement baiser par un inconnu dans la rue en échange d’une somme d’argent, vous faites donc le trottoir, la pute, et je constate que vous aimez ça.


Je m’approche de vous à la faveur d’une pause de votre partenaire ; votre con est littéralement trempé, preuve qu’aucune simulation de vient motiver vos réactions. Je sors ma queue, approche mon gland gonflé de sang de votre petit trou, en retire le rose bud et pénètre dans les voix inconnues d’un plaisir nouveau. Vous vous cabrez, une vigoureuse claque sur vos fesses vous ramène à plus de raison. Je m’enfonce doucement, alors que votre métis reprend ses va-et-vient. De nouveau vous devez puiser dans les profondeurs du plaisir cérébral pour limiter la douleur ; mais très vite, ces frottements duaux au fond de votre ventre décuplent votre excitation : votre corps se transforme en une fontaine de jouvence inassouvie, votre voix déchire le ciel de transports envoûtés, l’orgasme est là, long, puissant, intense, déferlant avec rage comme une tempête soudaine…


Vous gisez désormais contre ce réverbère à la lumière pâlotte, épuisée par les assauts répétés de vos amants, toute en sueur, en moiteur, en apesanteur ; les billets frémissent à vos pieds, vous les glissez entre vos seins. Il est temps de rentrer. 
Nue et blanche comme un ange, je vous observe m’observer, tous deux allongés sur le lit. Les mots ne sont pas nécessaires ; les regards peuvent tout dire, en toute subtilité. Nos yeux brillent et nos lèvres esquissent un léger sourire…
J’éteins la lumière, le noir s’installe, je vous prends délicatement dans mes bras. 


Un frisson nous parcourt,

Le frisson de l’amour.

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Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

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