« Banc public » by Coolrelax54

Voici de nouveau P.E. qui nous livre le récit d’une très jolie rencontre sur un banc public…

Cela faisait plusieurs mois que je l’avais connue sur une application de rencontres. Mais jamais nous n’avions pu nous entrevoir. Bien que de treize ans ma cadette, je lui avais trouvé une étonnante maturité et un certain recul sur la vie très appréciable, mais aussi, une pleine gourmandise à croquer le monde et ses plaisirs.

Plusieurs mois se sont écoulés, ponctués par les mesures restrictives en lien avec le contexte sanitaire et récemment, sans un bruit, elle a ressurgi en prenant des nouvelles. La discussion ayant reprise tambour battant, la perspective de réjouissances conjuguées est apparue plus potentielle. Lui narrant quelques unes de mes péripéties libertines, je sentais son intérêt s’éveiller sans me douter de ce qui allait suivre.

Un vendredi soir, un peu avant minuit, alors que je m’étais affalé dans mon canapé après une semaine mouvementée au travail et que je m’assoupissais lentement, elle m’envoya un message :

« Je suis à la brasserie d’A…, est-ce que cela te dirait de venir boire une bière dans un bar de beaufs ? Tu me raconteras tes aventures ».

Sur l’instant, je me retrouvais devant un choix cornélien : courir la rejoindre au risque d’empiéter sur le sommeil qui m’envahissait déjà promptement ou lui proposer de surseoir pour rejoindre les bras de Morphée comme un raisonnable célibataire. Considérant que la terrasse où elle se trouvait n’était qu’à cent mètres de mon immeuble, je répondis :

« Le temps de me débarbouiller et me changer, j’arrive.

– Je t’attends », dit-elle.

Après m’être correctement rafraichi, vêtu et parfumé, je suis parti au-devant de la surprise vespérale. Elle se trouvait sur la terrasse, côté rue. Une ambiance festive régnait dans les lieux avec une piste de danse aménagée dans le troquet et des clients qui s’y déhanchaient au rythme de musiques actuelles, pour lesquelles je n’ai aucun penchant, apparemment dans un état d’ivresse avancé.

J’ai découvert pour la première fois, outre son visage poupon d’une vingtaine à peine déflorée, sa silhouette élancée, qu’un haut moulant venait cintrer ses seins aux tétons apparents et ceint d’un pantalon plus ample qui cachait ses jambes effilées. Visiblement en pleine conversation avec une blonde d’une quarantaine d’années dont l’alcool avait brouillé l’élocution, je patientais le temps que l’importune prenne congé pour aller danser.

Nous nous assîmes à une table laissée libre et tout en dégustant un demi bien frais, nous bavardâmes. Elle me demanda des précisions sur certaines de mes rencontres passées, visiblement très émoustillée par les circonstances inhabituelles de ces dernières, tout comme la grande variété de dames qui en avaient été les heureuses complices. Elle semblait tout particulièrement attentive aux délices pluriels que j’évoquais avec gourmandise en me disant n’avoir, en la matière, connu que des expériences en demi-teinte lorsqu’après des beuveries, elle s’était laissé aller à se mélanger à d’autres et dont elle ne gardait pas un souvenir d’un plaisir extatique.

La nuit étant fraiche mais agréable, elle me proposa d’aller nous promener et comme elle m’avait dit avoir connu des étreintes citadines et nocturnes et que je lui avais confié fantasmer sur l’idée d’une folie sur un banc public, nous nous dirigeâmes, lentement mais sûrement vers les berges de la Meurthe. Connaissant les lieux pour y être passé maintes fois en compagnie de mon chien, je l’emmenai dans la pénombre d’un chemin sans éclairage public. Au détour d’un bras du fleuve, derrière l’une des dernières usines en activité de Nancy, nous prîmes place sur un banc à peine caché par des broussailles à quelques centaines de mètres de tranquilles pavillons.

L’idée d’être surpris par quelques promeneurs noctambules était excitante même si à près de deux heures du matin, le risque était quasiment nul. Qu’importe. Nous nous embrassâmes à pleine bouche, puis mes mains divaguèrent sur ses seins à la sommité raidie de désir. Sans vergogne, je l’effeuillai des pieds à la tête et prenant séance sur les planches de bois dur, je commençais à déguster goulument la fermeté de son corps de danseuse. Je l’entendais gémir de satisfaction et alors que mes doigts exploraient le jardin secret de sa féminité, je constatais que le tapis de mousse était déjà inondé.

Puis, elle s’accroupit et me dégrafant la ceinture, elle entreprit de faire errer sa bouche capitonnée sur la hampe dressée de ma virilité. Je m’abandonnais au rythme de ses avancées sur la tige ointe d’une salive chaude. Après quelques minutes d’un lustrage appliqué, je lui proposai de visiter ses profondeurs. Compte-tenu d’une différence de taille majeure, je savais que les possibilités seraient limitées ou, à tout le moins acrobatiques. D’une nature docile, elle me pria de lui indiquer sa posture.

À genoux sur le banc, sa croupe ronde offerte, que je ne manquai pas de fesser à loisir l’antichambre charnu de ma convoitise. Elle échappa quelques petits cris étouffés, témoins d’une satisfaction à être ainsi rudoyé. Turgescent d’assurance, je l’entrepris doucement jusqu’à la garde et lentement d’abord, je m’installai en elle. Une fois mes appuis bien stables, je la secouai plus vigoureusement, n’hésitant pas à ponctuer la cavalcade de quelques claques ou en empoignant les rênes effilées de sa chevelure brune. Soucieux que ses genoux souffriraient d’une course trop longue, je cessai puis lui intimai de se lever pour que je m’assis et qu’elle vint me chevaucher. En roulant ses hanches sur moi, je sentais mon vit cogner en tout sens, englouti dans la chair trempée de son antre. Je pouvais, en même temps, me délecter de sa fraiche poitrine albâtre pour lui conférer un plaisir plénier dont j’achevais l’absolutisme en insérant un index humide dans l’orifice encore vacant. Nous cessâmes. Toujours vaillant et considérant sa grande souplesse, je lui ordonnai de monter sur le banc, d’écarter ses jambes en équerre pour qu’une fois de plus, je vienne faire tambouriner la base de mon ventre sur son moelleux séant. Malgré l’inconfort de la position, elle semblait beaucoup apprécier.

L’étreinte s’étirant dans le temps, il lui sembla qu’il était temps que je jouisse. Elle me proposa de m’offrir son buste pour recueillir le fruit de mon orgasme. Elle s’appliqua à reprendre mon orgueil masculin dans sa bouche que j’avais auparavant embrassé avec bonheur, puis au moyen de ses mains et des miennes, je finis par déverser mon émotion dans un râle guttural et qui perla ensuite sa gorge gonflée jusqu’à son nombril. Bien heureux d’une telle apogée, je me résolus à lui rendre la pareille en lui proposant de découvrir l’un de mes secrets talents. Jambes écartées, les pieds sur le banc, je visitai le logis de sa dense toison afin d’en extraire, par quelques gestes appliqués et sûrs, la source cachée qui s’en écoula brusquement au son de ses cris libérateurs.

Éreintés par tant d’émotions, et après nous être sensuellement embrassés et s’être hâtivement rhabillés, nous primes place sur le banc, comme si de rien n’était. À ceci près qu’elle était maculée de mon ardeur.

« As-tu des mouchoirs dans ton sac pour t’essuyer ?, demandai-je.

– Non, répondit-elle.

– Mais alors, comment va-t-on faire ? Tu es toute souillée.

– Ce n’est pas grave, j’aime. Cela va sécher, dit-elle, le sourire en coin.

Admettons. Curieuse réponse. Je sortis un petit cigare italien, ceux que l’on casse en deux pour les partager et lui proposai la moitié. Nous fumâmes en silence, laissant l’ocytocine nous irradier et l’adrénaline redescendre dans les reins. Quelques mots simples. Nous savourions le calme de l’endroit, dans cette ville endormie, riant que d’autres, en cet instant, n’avaient ni vu ni entendu quoi que ce soit et devaient dormir paisiblement dans leur vie routinière.

Je regardai mon téléphone. Trois heures. Il était peut-être temps de rentrer. Pour retrouver mon foyer, mon chien, mon lit. Et elle, prendre une douche et rejoindre son compagnon, qui ne se doutait de rien lorsqu’au prétexte de sorties entre amies, elle donnait corps à ses folies. Elle enfila son vêtement sur son torse poisseux et nous repartîmes vers le centre. Un baiser discret pour se dire au-revoir, assurés que ce ne serait peut-être pas la dernière fois que nous nous verrions.

Quelques jours plus tard, nous remémorant l’expérience vécue par messages, elle m’écrivit :

« En rentrant, je me suis aperçue que j’avais oublié ma culotte sur le banc.

– Je crains qu’elle ne soit plus là. Peut-être a-t-elle déjà rejoint la collection d’un fétichiste de dessous portés, dis-je, goguenard.

– Ce n’est pas grave et si c’est cela, cela me plait, répondit-elle, satisfaite.

Une sacrée coquine, pensais-je. Puis, je me vis à fredonner l’air de la chanson de Brassens : « bancs publics, bancs publics ».

Nancy, le 19 juin 2022.

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par Anders Noren.

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