« Inattendu » by Coolrelax54

P.E. nous livre aujourd’hui le récit nouveau rendez-vous avec la jolie M butinée sur le banc public…

Depuis que je me suis promis de plus laisser passer des occasions, je n’hésite plus lorsqu’elles se présentent.

La chère M., que j’avais butinée sur un banc public, m’écrit un message un samedi après-midi :

« Tu fais quelque chose ce soir ?

– Je suis en vadrouille loin de Nancy avec ma fille. Je ne serai pas de retour avant vingt-deux heures », répondis-je.

Après avoir regagné mes pénates à l’heure dite, je lui écrivis pour lui demander si elle était libre et si son message comportait une invitation.

« Tu proposes quoi ? », dit-elle.

– Je ne sais pas, je pensais plutôt que tu avais une proposition », répondis-je.

La conversation se tut.

Je partis en promenade avec mon chien dans une chaleur relative et une ville grouillante de visiteurs. À peine affalé dans mon canapé, le téléphone tinta :

« J’ai envie de te sucer ».

Je ne tardai pas à lui dire que rien ne me ferait plus plaisir.

« Par contre, j’ai des amis à la maison. Si tu peux attendre… », dit-elle

– Quelle heure ?

– Tu dors ?

– Non, pas encore mais cela dépend combien de temps dois-je attendre.

– Vers 1 heure », répondit-elle.

Une heure du matin et il est vingt-trois heure trente. Une heure et demie à attendre. Ce n’est pas raisonnable. Je pensais me coucher de bonne heure après avoir passé ma journée à crapahuter dans les bois et les parcs animaliers. J’avais tellement de choses à faire demain et peut-être un rendez-vous galant, même si c’était incertain.

« D’accord, je t’attends, dis-je plein d’assurance.

– Où le fait-on ?

– Chez moi ?

– Je ne sais pas trop, ce n’est pas trop rangé…

– Où alors ? », répondit-elle.

Je réfléchis quelques instants et j’écrivis, sur un coup de tête :

« Dans la cave de mon immeuble. Au frais.

– C’est glauque. Mais j’aime bien.

– Ou sinon, dans l’ascenseur ou alors derrière la porte d’entrée à côté des boites aux lettres…

– Tu es fou !

– Tu m’as tellement donné envie que je me sens d’humeur joueuse.

– Moi, j’aime bien l’idée de la cave », dit-elle.

Engaillardi par la perspective d’une rencontre inopinée aux contours précis, je m’installai dans mon salon, et entamai un cigare pour passer le temps. À l’heure dite, je reçus un message :

« J’arrive.

– Très bien, je descends », écrivis-je.

Je me rendis au pied de l’immeuble dans ma tenue de randonneur du jour mais en nu-pieds et en ayant pris soin de me délester de mon caleçon. Je la trouvai nonchalamment appuyée sur la façade, avec un pantalon large et un haut rose, épaules nus, les seins libres de tout corsage dont les tétons pointaient au travers du tissu. Nous nous embrassâmes et je l’invitai à me suivre en silence pour éviter que les éclats de voix se répandent en écho dans le grand hall d’entrée.

Nous nous engouffrâmes dans l’escalier menant à la vaste cave au sol de terre battue où chaque résident disposait d’un emplacement en clayettes. Les vastes parties communes, sur les murs desquelles trônaient les compteurs de gaz, étaient l’endroit idéal pour le forfait.

Se posait cependant la question de l’éclairage. Réglé sur minuterie, nous ne tarderions pas à nous trouver dans le noir complet. A moins d’appuyer sans cesse sur un interrupteur. Je pouvais toujours forcer l’éclairage au compteur près de la porte, mais cela pourrait éveiller les soupçons d’un voisin de passage qui aurait pu, s’il n’entendait rien, penser que quelqu’un avait oublié d’éteindre et refermer la porte laissée ouverte. Là, nous aurions été piégés car la serrure ne fonctionne pas de l’intérieur et il m’est arrivé de devoir appeler au secours un voisin pour qu’il vienne m’ouvrir alors que je ne faisais que ranger des affaires. Nous convînmes alors de laisser l’obscurité nous envelopper.

À cet instant, son téléphone sonna :

« Allo ? Oui, ne vous inquiétez pas. J’en ai pour vingt minutes et je vous rejoins. Commandez des cocktails et j’arrive », dit-elle.

Ses amis l’attendaient en terrasse. Elle leur avait dit avoir une affaire à régler.

« Tu as entendu, on n’a que vingt minutes », me dit-elle.

Quelques baisers langoureux et moi m’attardant sur ses seins, elle me demanda de me déshabiller et s’agenouillant sur la terre poussiéreuse, elle pourléchant mon membre déjà dur avant d’engloutir son extrémité.

En un claquement, la lumière s’éteignit. Seuls les bruits de succion et les lointaines voix des badauds passant par les soupiraux venaient troubler le calme des lieux.

Gourmande, elle s’affaira avec lenteur et vivacité sur la tige. Ne pouvant rien distinguer de la scène, je me repérais dans l’espace en accompagnant le mouvement de sa tête une main sur sa nuque ou laissant divaguer l’autre main en direction de ses seins.

Sentant ma libération imminente, je lui demandai ce qu’elle souhaitait en faire et elle me dit qu’elle désirait la recevoir dans sa bouche. Un bref instant, ma virilité laissa échapper les saccades de ma jouissance et convulsant de plaisir, elle accueillit sans broncher la généreuse offrande. Elle recracha. Le sirop vint maculer mes doigts et alors que je posai ma main sur l’épaule, l’excédent s’y déposa. Allant rallumer la lumière, je lui tendis l’index recouvert qu’elle lécha avec appétit.

Nous nous rhabillâmes et de même que lors de notre dernière rencontre, elle refusa d’essuyer son épaule souillée.

« Mais, cela te dérange pas d’être ainsi ?

– Non, ça m’excite », dit-elle.

La raccompagnant à la porte de l’immeuble, je m’interrogeai. Comment peut-elle décemment sortir d’ici, l’air de rien, du sperme sur l’épaule et retrouver ses amis en ville ? Après un petit baiser d’adieu, je dis :

« A bientôt ?

– Oui, à bientôt. Bonne soirée !

– Mais tu vas vraiment sortir dans cet état ? On va te poser des questions !

– Tu crois ça ? », répondit-elle avec un sourire malicieux en s’élançant dans la rue d’un air guilleret.

Alors que les mots crus n’ont jamais été ma tasse de thé. Je me suis dit : « toi, tu es un vraie S… ».

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par Anders Noren.

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