Amants contre famille

Et mon mari dans tout ça ?

Quelques jours après ce premier rendez-vous, lors d’un appel téléphonique j’ai dit à mon mari que je devais lui avouer quelque chose : j’avais fait ce que je lui avais annoncé quelques semaines avant à savoir j’avais pris un amant. Sa réaction a été à la hauteur de l’homme qu’il est. Il m’a dit qu’il s’en était douté au vu de mon comportement et qu’il était heureux pour moi. Cet aveu  a accru notre complicité, a libéré la parole car il m’a enfin avoué avoir des relations avec des  femmes et a réveillé nos ardeurs sexuelles.

Plus grand-chose d’autre n’existait, mon fils s’étonnait de ne plus me voir cuisiner, je dus me mettre des rappels pour aller faire les courses, j’étais sur mon petit nuage et plus rien n’avait d’importance. Je trouvais nos amis ennuyeux, leurs vies tristes, j’avais envie de revivre et Paris m’en donnait l’occasion. J’étais euphorique, accrochée à mon portable comme une adolescente,  je découvrais les pantalons moulants, des marques de lingerie autre que DIM. Clairement je vivais une crise d’adolescence avec une carte bleue. J’aurais voulu crier mon secret sur les toits. Mon épanouissement n’est pas passé inaperçu auprès de nos amies et de leur mari qui me demandaient quel était mon secret pour avoir cette mine, quel régime j’avais fait, depuis quand je me mettais à porter des talons alors que j’étais auparavant toujours en basket, d’où me venait cette lubie de mettre du vernis sur mes ongles ???? Si elles savaient que je vais chez l’esthéticienne me faire épiler les grandes lèvres vulvaires !!!

Je sentais une pointe de jalousie à travers ce questionnement, une pointe d’agacement de ne pas savoir et de voir mon mari acquiescer et dire qu’il me trouvait très belle quoiqu’un peu trop amaigrie à son gout.

Le jour où mon fils a découvert qu’il y avait différente forme d’amour dans un couple

Mon fils a senti que quelque chose ne tournait pas rond, que je n’étais pas dans mon état normal et il a fait ce que j’avais fait avant lui quelques semaines auparavant : regarder dans un téléphone qui n’est pas le sien. Il est tombé sur des échanges, des photos, bref je vous laisse imaginer… Heureusement, iI en a parlé à son frère qui m’a alertée. J’ai immédiatement appelé mon mari qui m’a dit : « nous allons lui parler ensemble ». J’ai en parallèle appelé mon fils en lui disant que j’avais eu son frère et que nous allions lui parler dans la soirée. Il m’a dit avec pudeur, « vos histoires de cul je m’en fous par contre je veux savoir si vous allez divorcer ».Je l’ai rassuré sur ce fait et le soir venu nous avons abordé le sujet tous les trois ensemble. Nous lui avons d’abord rappelé qu’il n’avait pas à regarder dans nos téléphones, qu’il devait respecter notre vie privée et qu’il devait maintenant assumer ce qu’il avait vu. Nous avons été totalement transparents avec lui en lui expliquant que le fait que nous avions des aventures contribuait à notre bonheur et à l’équilibre de notre couple. La pilule n’est pas passée facilement ni rapidement, mon fils m’a parlé durement pendant quelques jours, je me sentais jugée, surveillée…. Mais heureusement le temps a fait son œuvre et j’ai essayé d’être plus discrète dans mes échanges par la suite.

Femme de mauvaise vie

J’aime ce terme de femme de mauvaise vie. Certains y verront une prostituée. Moi je la voie comme une femme légère, libre de ses envies. Cette femme je l’imagine élégante perchée sur des talons, ses jambes gainées de soie prête à se rendre au-devant d’une rencontre dans un bar, une chambre d’hôtel. Appréhension et excitation se mêlent en elle.

Telle cette femme, je me suis donc réinscrite sur Gleeden. Chaque homme rencontré m’a permis d’avancer dans l’exploration de mes envies, de les affiner et de poursuivre mon itinéraire.

Aussi certains méritent que je m’attarde sur eux car ils ont été de très jolies rencontres

J. :un homme très  marié. Notre première rencontre a eu lieu au Ritz bar quelques jours avant Noël. Le fameux feeling était là, aidé par quelques cocktails.  Alors que nous quittions le bar et marchions dans le couloir qui nous rapprochait de l’entrée de l’hôtel, il m’a plaquée  dans le recoin d’une porte fenêtre. Ce jour-là je portais un long manteau noir, une robe portefeuille, des bas et une culotte. Il a glissé sa main dans l’échancrure de la robe, a glissé sa main dans ma culotte, a caressé ma chatte, puis m’a doigtée tout en m’embrassant. Des touristes longeaient ce couloir et frôlaient ce couple immobile, enlacé  qui reflétait bien la réputation romantique des Français.  Nous sommes restés un moment dans ce couloir puis de peur que la sécurité se lasse et n’intervienne nous avons quitté l’hôtel. C’est ensuite contre le réverbère devant le joaillier Chanel rue Royale, que ses mains ont de nouveau disparu sous ma robe pour retrouver la chaleur de mon corps, de mes seins et la moiteur de mon entrejambe. Nous nous sommes quittés sur la promesse de nous revoir une fois les fêtes passées. Par la suite je l’ai revu 4 fois avec à chaque fois beaucoup de plaisir mais la routine de nos rencontres a fini par me lasser et l’appel de la nouveauté s’est fait ressentir.

R. et S. : mes gentils bi qui m’ont fait découvrir la bisexualité masculine, et l’utilisation d’un gode ceinture entre autre.

Et puis il y a des rencontres très vite oubliées

Un rugbyman avec lequel j’ai cru que je tournais dans un film porno, un homme d’affaires qui s’est endormi après un coït très classique, un couple qui m’a permis de découvrir que je n’étais qu’une « bi apéro », un célibataire qui n’aimait pas les odeurs et pour lequel je me suis épilée intégralement le pubis. Résultat 1 poil=1 bouton purulent. Je me suis grattée des jours durant et je l’ai maudit tout autant.

Je vais m’arrêter sur cet autre homme et vous faire part de mon aventure qui s’est bien terminée rassurez-vous.

Cela partait plutôt bien, trop bien d’ailleurs…. Des échanges excitants par SMS jusqu’au moment où il m’a proposé un jeu : une rencontre à l’aveugle dans une chambre d’hôtel. Sur papier il était plutôt beau gosse, brun, barbu, ténébreux comme je les aimais à l’époque. J’ai donc accepté le jeu. Un soir d’hiver je me suis rendu dans un hôtel à l’heure dite. Prévenu de mon arrivée par SMS, la porte de la chambre était entrebâillée et un  foulard m’attendait sur la poignée de la porte. Je suis entrée, il faisait nuit noire dans la chambre, j’ai mis le foulard sur mes yeux et j’ai avancé vers le son de sa voix, Il m’a enlacée et à ce moment je me suis dit «  mais il est gros !!!! » (J’ai un péché mignon pour les hommes à l’allure athlétique, autant se faire plaisir.)

«   – dis-moi tu ne corresponds  pas aux photos de ton profil. Tu n’aurais pas un peu grossis ??? » je lui demande

« – Les photos n’étaient pas récentes mais  on s’en fout non ? Le jeu c’est de se découvrir dans le  noir, d’exacerber nos sens » me répond-il

Et il essaye de m’entrainer vers le lit. A ce moment-là je ne savais  plus quoi faire. Gros dilemme : se laisser faire quand même au risque de ne plus pouvoir me regarder dans un miroir ensuite mais je faisais un heureux ou alors quitter cette chambre en courant en faisant un déçu, voir en le vexant  mais en me félicitant d’être superwoman ?????

« Ah mais non on ne s’en fout pas. Désolée mais ça ne va pas le faire » lui ai-je répondu

Je n’avais pas enlevé mon manteau, j’ai donc pris mes jambes à mon cou et quitté l’hôtel sans me retourner. J’avoue que j’étais très fière de moi. Certains(es) doivent se dire mais quelle inconsciente. Oui je sais mais je m’en suis bien sortie c’est le principal.

En vous listant ces quelques rencontres, je me suis rendu compte que cela en faisait quelques-uns….. Lorsqu’on a gouté au sexe et à l’inconnu on ne peut plus s’en passer.

Et mon mari dans tout ça ?

Nous surfions le soir comme des ados sur l’application car lui aussi avait fini par s’inscrire. Nous partagions nos bonnes et mauvaises expériences, enfin moi j’avais plus de choses à raconter. Nous en riions souvent. Lui est plus classique, plus conventionnel dans ses rencontres qui étaient beaucoup moins nombreuses. Et côté sexe me direz-vous? Et bien l’excitation que nous procurait et que nous prenions dans nos rencontres a rejailli sur notre sexualité pendant quelques mois et puis j’ai eu moins envie de lui.

Ces hommes m’ont redonné confiance en moi, dans mon pouvoir de séduction. Je rayonnais. J’étais redevenu une FEMME. A ce moment,  les relations avec mon mari sont devenues tendues. Il m’a fait de nombreux reproches : égocentrique, moins présente, je ne m’occupais plus de lui,  j’oubliais de l’embrasser, j’avais changé, j’étais toute puissante….et il n’aimait pas la femme que je devenais. J’avais juste retrouvé confiance en moi. Il a parlé divorce, ce n’était pas la première fois car des crises, nous en avions vécu en 20 ans de mariage mais cette fois ci l’idée de me retrouver seule était tentante. Cette crise a été un tournant pour moi car  je me suis rendue compte que j’avais moins de sentiment pour lui et surtout moi qui encore quelques mois avant aurait tué pour sentir ses mains sur moi, et bien je ne le désirais plus et je le lui ai avoué. Nous n’avons donc plus de relations sexuelles ensemble depuis ce jour. Est-ce qu’un couple tient sans sexe ? C’est ce que nous allons découvrir ensemble….

par Anders Noren.

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