Une autre soirée en club

Il est 5h du mat, collée derrière toi sur le scooter je frissonne, alanguie, je regarde Paris défiler sous mes yeux . Je suis simplement bien.

Retour en arrière. Je suis arrivée comme à chaque fois vers minuit, seule, excitée, heureuse car je sais que je vais passer quelques heures gaies, grisantes, délirantes, libres, te croiser, t’ embrasser, t’exciter…et quelques autres hommes selon mes envies. Je salue le propriétaire, vestiaire, j’enlève mon jean, j’apparais en robe noire échancrée, changement de chaussures et je descends les escaliers perchée sur mes talons de 15 cm en priant pour ne pas me vautrer. Une bise à la barmaid, à la serveuse, un verre et je me pose. Parfois je reconnais ou plutôt des hommes me reconnaissent. Le meilleur moment est celui où nos regards se croisent, où tu viens vers moi, tu me murmures“ tu es là ma salope” alors que tes lèvres se posent sur les miennes, que ta langue vient chercher la mienne, que ta main attrape mon sein, tes doigts mon téton et le font rouler doucement déclenchant des vagues de frissons entre mes cuisses. Tu me relâches. Je danse et rit avec certains hommes, j’en embrasse et caresse d’autres, mais je ne baise avec aucun. Toi Je te croise, te frôle, t’observe , te regarde séduire toutes ces femmes, les caresser du regard, de tes mains ou de ta langue parfois. Ça m’excite. Souvent tes yeux se posent sur moi, inexorablement je te murmure «  je suis ta salope », fermement tes bras m’enveloppent le temps d’une danse, insidieusement au détour d’un couloir tes mains se glissent sous ma robe afin de vérifier la présence du rosebud entre mes fesses et jouent avec, tel un joystick. Puis tes doigts s’insinuent dans ma fente jusqu’à me faire couler debout contre un mur ou contre le bar telle une chienne en chaleur sous le regard affamé des loups attirés par mes râles. Je me laisse parfois entraîner par des hommes d’abord sur la piste de danse, puis dans une alcôve mais une fois le rideau tiré, ils n’ont plus le même attrait. Un manque!! TON regard sur moi car je jouis de tes yeux, je ne jouis pas d’eux.

Il est trop vite déjà 5h du mat et je n’ai pas baisé ce soir là mais j’ai mieux. Tel l’écureuil qui entasse des provisions pour l’hiver et qui les oublie moi j’ai emmagasiné dans ma tête des images de corps emmêlés, des soupirs, des gémissements lâchées par les femmes, des regards de mâles excités, des frissons déclenchés par des caresses et sur le chemin du retour, bercée, je les fais défiler dans ma tête. Nous arrivons chez toi. Dans l’ascenseur, je reste loin de toi mais à peine la porte de ton appartement refermée, nos corps attirés, affamés se jettent l’un sur l’autre. Les vêtements volent jusqu’à ce que nos doigts se posent chacun sur les tétons de l’un et l’autre. À ce moment le temps s’arrête et nos sens sont concentrés sur le plaisir suscité d’abord par ce doux massage puis par des pincements légers jusqu’à devenir de plus forte intensité. Toute l’excitation de la soirée est là, bien présente et ne demande qu’à exploser dans un corps à corps déchaîné…

par Anders Noren.

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